
Poirier
Pyrus communis
Le poirier vit vieux et donne longtemps, mais il exige un sol profond et une place chaude : plus frileux que le pommier au moment de la floraison, il craint les gelées d’avril. Comptez trois à cinq ans avant les premières poires sur un arbre planté jeune.
Calendrier
Conditions de culture
- Sol
- Profond et frais, peu calcaire
- Acidité
- pH 6,0-7,0
- Exposition
- Plein soleil, abrité des vents froids
- Espacement
- 4-6 m en plein-vent, 2,5 m en palissé
- Prof. semis
- Non concerné
- Germination
- Non concerné
- Culture
- 3-5 ans avant la première récolte
- Rusticité
- Très rustique (-25 °C), fleurs perdues à -2 °C
Compagnonnage
Les gestes clés
- 1
Prévoir un pollinisateur
La plupart des poiriers sont autostériles : plantez deux variétés à floraison simultanée à moins de 30 m l’une de l’autre, ou greffez un rameau pollinisateur sur l’arbre.
- 2
Planter à racines nues
De novembre à mars hors gel : pralinez les racines, laissez le point de greffe à 10 cm au-dessus du sol et posez le tuteur face aux vents dominants.
- 3
Former la charpente
Les trois premiers hivers, sélectionnez 3 à 5 charpentières bien réparties. En palmette contre un mur au sud, la chaleur avance la maturité d’une dizaine de jours.
- 4
Éclaircir en juin
Ne gardez qu’une poire par bouquet, soit une tous les 15 à 20 cm : les fruits grossissent et l’arbre évite d’alterner une année sur deux.
- 5
Tailler avec prudence
De décembre à février, respectez les lambourdes et les brindilles couronnées : ce sont elles qui portent les boutons à fleurs de l’année suivante.
Surveiller
Tavelure
MaladieTaches brun-olive sur les feuilles, épiderme des fruits crevassé et liégeux.
Ramassez les feuilles mortes à l’automne, aérez la couronne à la taille et traitez à la bouillie bordelaise au débourrement lors des printemps pluvieux.
Rouille grillagée
MaladieTaches orange vif sur le dessus des feuilles, petites excroissances brunes en dessous.
Le champignon passe l’hiver sur les genévriers : éloignez ou arrachez les Juniperus sabina et chinensis du jardin et du voisinage immédiat.
Psylle du poirier
RavageurFeuillage collant de miellat puis noirci de fumagine, jeunes pousses recroquevillées.
Badigeon d’argile blanche au printemps et taille modérée : les excès d’azote et les tailles sévères font exploser les populations. Protégez les punaises auxiliaires.
Carpocapse
RavageurFruits véreux, galerie brune jusqu’aux pépins et trou de sortie sur le côté.
Pièges à phéromone dès mai, bandes de carton ondulé autour du tronc en été, ramassage systématique des fruits tombés.
Récolte et conservation
Une poire se cueille avant maturité complète : elle est prête quand le fruit se détache tout seul en le basculant à l’horizontale, pédoncule compris. Les variétés d’été se mangent dans la semaine ; celles d’hiver se rangent sans se toucher dans un local frais, à 6-8 °C, et finissent d’y mûrir en quelques semaines. Goûtez-les dès que la chair cède sous le pouce près de la queue, car la poire blettit par le cœur.
Variétés conseillées
- Williamsjuteuse et parfumée, récolte d’août
- Conférencefiable, partiellement autofertile
- Doyenné du Comicefondante, la plus fine au goût
- Beurré Hardyvigoureux, chair fondante, septembre
- Louise Bonne d’Avranchesrustique, fruit rouge orangé
Le saviez-vous ?
Un vieux dicton veut qu’on plante un poirier pour ses héritiers : greffé sur franc, l’arbre peut vivre plus de deux siècles et met une dizaine d’années à produire à plein régime. C’est aussi pour cela que les poiriers palissés des potagers de château ont souvent trois cents ans.
Sources
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